Je reviens brièvement sur quelques notions développées dans la première partie de l’article précèdent.

Si jusque récemment le détenteur de capital était dépendant de la main d’œuvre française pour produire des biens pour le marché national, ce qui octroyait de ce fait une capacité de négociation politique à celle-ci, il se détache peu à peu de cette dépendance au fur et à mesure des délocalisations. Mais ce faisant, il ne fait que remplacer une dépendance interne, nationale,  par une dépendance externe. Non pas directement à une main d’œuvre étrangère mais à ses représentants politiques.

C’est de ce compromis, ou de cette dépendance de classes, que naissait finalement l’indépendance nationale. En détruisant l’autonomie productive nationale, ce capital ne fait que consacrer la dépendance nationale à une autre entité politique, celle où sont produits les biens qu’il importe pour le marché national. C’est un jeu de vases communicants, tout en affaiblissant la capacité de négociation de l’entité politique dont il provient, il renforce celle dans laquelle il se délocalise. Ce capitalisme apatride court-termiste se retrouve alors confronté à une contradiction. Pour qu’il soit viable, aucune entité politique nationale où il se délocalise ne doit conserver de pouvoir qui pourrait le contraindre. Or, c’est bien en délocalisant les forces productives dans tel ou tel pays qu’il contribue à lui octroyer ce pouvoir. Dès lors, fort de cet accroissement de pouvoir qui lui est conféré, on ne voit pas bien pour quelle raison vaguement idéologique ce pays refuserait d’en user.

Il me semble que l’erreur d’interprétation des détenteurs de ce capital court-termiste est de croire que la création de richesses provient de l’investissement du capital alors qu’elle provient d’abord du travail de la main d’œuvre et que c’est après tout la plus grande richesse qui se puisse concevoir dans l’ordre des représentations économiques.

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